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14 décembre 2011

L’accueil rugueux des forestiers ONF

Lu sous
http://www.republicain-lorrain.fr

Les agents de l’ONF sont
doublement inquiets : 77 suppressions de postes envisagées
dans les cinq ans et une gestion productiviste de la forêt.

Le forestier en colère est du genre rugueux. Ils
étaient environ 150, tous agents de l’ONF (Office
national des forêts), à s’être
invités, hier matin à Velaine-en-Haye, au
comité technique organisé par le directeur
territorial. 150 agents de l’ONF très
remontés après l’annonce de 77
suppressions de postes dans le cadre de la Révision
générale des politiques publiques (RGPP). Durant
les cinq prochaines années, l’ONF s’est
engagé à ne pas remplacer un fonctionnaire sur
deux qui part en retraite.

Aux forestiers s’étaient joints des
représentants du collectif Lorraine-Nature Environnement,
qui fédère des partis politique, des syndicats et
des associations.

Avec vigueur et parfois une véritable violence
verbale, les forestiers se sont exprimés pour
dénoncer un projet dont ils refusent les
conséquences sociales et celles qui concernent
l’exploitation de la forêt. « En 2002, on
était environ 1 000 agents. En 2016, on sera 750, fulmine
Adrien Ochem, du syndicat SNUPFEN. Aujourd’hui, dans les
forêts, on est moins nombreux sur le terrain, on coupe
n’importe comment, on a des délais restreints, on
ne se préoccupe pas du sol, de la façon dont les
arbres tombés écorcent, donc abîment
les autres arbres. On hypothèque l’avenir pour une
question de rendement ! »

Un moratoire exigé


Les forestiers refusent la logique économique de
leur direction, que Jean-Pierre Renaud, directeur territorial pour la
Lorraine, a tenté d’expliquer hier matin.
« On ne peut pas ignorer le contexte
général de crise. L’ONF n’est
pas une structure à part… C’est vrai,
autrefois, la Lorraine était le grenier à bois du
pays. Mais la tempête de 1999 est passée par
là, qui a mis à bas en quelques heures sept
à huit années de récolte ».
Il souligne que la forêt lorraine, qui repousse, est
« plutôt rajeunie et que le
prélèvement est stabilisé. En tous les
cas, il n’augmentera pas, en dépit d’une
demande forte, notamment en ce qui concerne les résineux
 ». Mais il s’est avoué
incompétent s’agissant de ce que demandent ses
agents : un moratoire sur le plan social.

M. R.

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